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Mexique/élections: Le "rouleau-compresseur" du PRI redessine la carte politique
13-07-2009
Le grand vainqueur des élections législatives du 5 juillet courant au Mexique, le Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI-centre-gauche), a confirmé officiellement ce week-end son triomphe écrasant ses principaux rivaux après la conclusion du comptage mené par l'Institut fédéral électoral (IFE).

Cet organe indépendant de supervision du processus électoral vient de certifier que le PRI a obtenu 237 sièges à la chambre des députés sur un total de 500, ce qui lui permet, avec ses alliés du Parti Vert (22 députés), d'avoir un contrôle absolu sur la chambre basse du parlement mexicain.

"Le Mexique se peint en rouge"', couleur distinctive du PRI, écrivait cette semaine la presse mexicaine pour souligner comment l'implacable machine électorale du PRI est parvenue à s'attirer les faveurs de l'électorat mexicain, notamment dans ses bastions traditionnels et même dans des régions qui votaient habituellement à droite.

Selon les différents jugements émis par des analystes politiques en vue au Mexique, le PRI, riche d'une expérience d'environ un siècle dont 70 ans à la tête du pays, a agi comme un "rouleau-compresseur" face à ses rivaux du parti au pouvoir, Action Nationale (PAN-droite) et du Parti de la Révolution Démocratique (PRD-gauche).

Au moment ou le PRI aura largement doublé le nombre de ses députés par rapport aux législatives de 2006 (106 sièges), le PAN perd plus de 60 sièges et le PRD presque la moitié des députés qu'il avait gagné en 2006, principalement à cause de ses divisions internes.

Autre indice incontestable de la domination écrasante du PRI : Ce parti remporte l'ensemble des circonscriptions électorales dans douze Etats du pays, ce qui se traduit, dans le jargon des politologues mexicains par "faire le plein" (carro completo) des députés.

Au total, sur les 300 circonscriptions électorales au Mexique où les députés sont élus par vote direct, le PRI en a remporté 184, loin devant le PAN (70) et le PRD (39).

En termes de suffrages obtenus par chaque grand parti, qui sont cruciaux pour l'affectation au scrutin proportionnel des 200 sièges restants, plus de 12,7 millions de votants, sur 34,7 millions qui se sont rendus aux urnes, ont choisi le PRI, alors que son rival immédiat (PAN) a eu les faveurs de 9,6 millions de votants et, en troisième et lointaine position, arrive le PRD avec 4,4 millions de voix.

Cinq autres petits partis et, curieusement les initiateurs du "vote nul", se partagent les quelques 8 millions de suffrages restant. L'une de ces petites formations, le Parti social-démocrate (PSD), qui a obtenu moins de 2 PC des suffrages, va disparaître de la liste des partis nationaux et ses biens seront liquidés par l'IFE, en vertu d'une disposition électorale.

Très longtemps critiquée par les partis et des observateurs de la scène politique comme une initiative "stérile", le "vote nul" aura réalisé son principal objectif: signifier le "malaise" des électeurs à l'égard des hommes politiques.

Les promoteurs de cette protestation politique par les urnes, qui revendiquent 5,4 PC des suffrages, ne semblent pas vouloir s'arrêter là et veulent continuer leur action de rejet des partis politiques, toutes tendances confondues, en se faisant plus visibles à l'extérieur, à travers une rencontre prévue ce lundi avec les correspondants de presse étrangère à Mexico.

Au delà de ces législatives qui sont un triomphe à tous points de vue pour le PRI, ce parti a aussi ratissé très large au niveau des élections locales, qui ont eu lieu dimanche 5 juillet.

Avec 5 postes de gouverneurs sur les six qui étaient en jeu le 5 juillet, le PRI aura désormais sous sa coupe 19 gouvernements régionaux sur les 32 Etats que compte le Mexique, dont le très peuplé Etat de Mexico.

Au regard de ces chiffres éloquents, le PRI a bel et bien bénéficié d'un "vote sanction" contre le parti au pouvoir et ce, au moins pour deux raisons évidentes. La première a trait à la crise économique qui affecte durement la classe moyenne mexicaine ayant un poids électoral de quelque 60 PC. La deuxième raison, longuement commentée au Mexique, est la stratégie électorale basée sur la confrontation adoptée par le président du PAN, German Martinez. Le rejet clair de cette stratégie par l'électorat mexicain a tellement incommodé son auteur qu'il a dû démissionner lundi 6 juillet, moins de 24 heures après le scrutin.

La nouvelle carte politique redessinée et remodelée par le PRI permet à ce dernier de gouverner directement les 2/3 du pays pendant les trois prochaines années, ce qui lui donne un avantage certain pour l'élection présidentielle très convoitée de 2012.

Décidément, cette nouvelle configuration de la carte politique aux niveaux central et local et le pouvoir de définir l'agenda politique national à la chambre des députés font la part belle au PRI et balisent le terrain à son étoile montante, le gouverneur de l'Etat de Mexico, Enrique Pena Nieto, en tant que candidat naturel de son parti pour 2012.

 

MAP 





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